The Forest of Love, Destruction singulière, déconstruction sociale.

J’ai toujours été attiré par les mondes utopiques, mais je voudrais surtout explorer l’Enfer. Chacun de mes films est une vision d’un monde infernal .

Sion Sono

« Basé sur des faits réels ». Donner un point d’ancrage à son récit permet au réalisateur de se poser en façonneur de son film. Ainsi, si The Forest of Love est incontestablement taillé par Sion Sono, il n’en reste pas moins la représentation d’un monde brut dont il est l’observateur.

The Forest of Love est le fruit d’une collaboration surprenante entre le géant Netflix, disponible sur la plateforme depuis le 11 Octobre 2019, et le très indépendant Sion Sono. Remarqué en 2001 avec la scène d’ouverture de Suicide Club où il met en scène le suicide collectif de 54 lycéennes, il ne cessera de s’attaquer frontalement au conformisme de la société nippone, allant jusqu’à qualifier ses films de « soldats » déferlant sur le territoire japonais. Avec The Forest of Love, il propose l’une de ses meilleures réalisations, tout en étant une porte d’entrée accessible vers sa filmographie.

Le film met en scène Joe Murata, un homme charismatique et manipulateur, véritable trou noir autour duquel gravite une jeune équipe de tournage. Sono, à travers Murata, incarnation du réalisateur dans son film, va entraîner chacun de ses personnages vers une irrésistible descente aux enfers. Leurs émotions sont niées et la raison n’existe plus, il n’y a de place que pour le chaos. Il détruit avec une violence toute particulière chacun d’entre eux, pour mieux déconstruire les valeurs familiales et patriotiques de la société japonaise.

Le nihilisme de Sion Sono est exacerbé par sa mise en scène. L’innocence est omniprésente dans la réalisation. L’ambiance sonore et visuelle aux airs de contes de fées contraste brutalement avec le propos ultraviolent du film. Désir charnel et mutilation s’entrechoquent sans jamais s’opposer ni sur le fond, ni sur la forme. Ainsi, Sono provoque, interroge notre perception classique de ce qui est violent et de ce qui est beau, s’affranchissant de porter un jugement sur son récit.

The Forest of Love, à l’image de l’entière filmographie de Sion Sono, est une proposition radicale dans laquelle réalisme et onirisme cohabitent, livrant une nouvelle œuvre singulière, sans aucun doute marquante.

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Ecrit par Léo

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