Leone et Morricone, du western spaghetti à Il était une fois en Amérique

Ennio Morricone s’est éteint le 6 Juillet 2020. Celui qu’on appelait « Il Maestro » composa sur six décennies la musique de plusieurs centaines de films. De Quentin Tarantino à Georges Lautner, le talent du Maestro a transcendé les époques, les continents et les genres. Mais c’est probablement sa collaboration avec son ami Sergio Leone, réalisateur italien, qui aura le plus marqué. De 1964 à 1984, Morricone va composer la musique des six films du réalisateur. Ainsi, Sergio Leone qualifie leur relation de « mariage involontaire », union qui marquera à tout jamais l’histoire du cinéma.

L’apogée du western Spaghetti

Considéré par Sergio Leone comme « le mot le plus con qu’il n’ait jamais entendu de sa vie », le Western Spaghetti désigne les westerns produits… en Italie. Il n’en reste pas moins, même s’il n’adhère pas à l’expression, un pionnier et un maître du genre. Que ce soit la trilogie du dollar (For a few dollars more, A fistful of dollars, The Good, the Bad and the Ugly) ou Once upon a time in the West, chacun de ses westerns est sublimé par la musique de Morricone. Multitudes de scènes cultes naissent de la cohabitation entre la caméra de Leone et la musique du Maestro. Entre le duel final de For a few dollars more, la course effrénée pour l’or de The Good, the Bad and the Ugly en passant par le fameux homme à l’harmonica de Once upon a time in the West, le duo donne vie à des grands moments du cinéma. La caméra de Sergio dilate le temps et la musique grandiose d’Ennio accentue l’intensité des enjeux. Au final, ils révolutionneront à jamais le western, genre en perte de vitesse dans les années 60 dont Sergio Leone est devenu la référence.

Once upon a time in America, l’ultime chef d’œuvre

Après 5 westerns, Sergio Leone veut montrer autre chose de l’Amérique. Once upon a time in America (1984), chef d’œuvre ultime du réalisateur (il décède en 1989), centre son action dans un New York urbanisé du milieu du XXème siècle. Critique d’un American Dream chimérique, Once upon a time in America est à la fois un film de gangster, un thriller et un drame. En effet, le film danse avec les genres comme il danse avec les époques, retraçant trois périodes distinctes de la vie de Noodles, protagoniste incarné par Robert de Niro. Alors que ce film très ambitieux dure 221 minutes, Morricone va encore une fois composer l’intégralité de la bande son. Un travail titanesque tant par l’envergure de la tâche que par le résultat final. Il enregistre 7 ans avant le début du tournage. Ainsi, Leone diffusera la musique pendant les prises pour communiquer l’émotion du film aux acteurs. Il parle d’ailleurs de Morricone comme de « son meilleur scénariste » tant la musique qu’il compose raconte quelque chose de ces films. Once upon a time in America réussit à parler autant par son script que par ses mélodies.

Ennio Morricone aura composé avant, après et pendant sa collaboration avec Sergio Leone. Mais elle restera une période à part de sa carrière. Une période où la grande musique faisait un grand film et vice versa. Une union naturelle et totale, tant des hommes que de leurs arts respectifs.

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Ecrit par Léo

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