CinéLatino: 33 ans d’hommage au cinéma latinoaméricain

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Dure année pour le cinéma latino-américain. En plus de la crise sanitaire qui a considérablement affaibli le monde de la culture, l’Amérique latine a perdu plusieurs de ses grands réalisateurs, dont l’argentin Fernando Solanas. Face au géant hollywoodien et européen, ce grand réalisateur a toujours œuvré pour défendre le cinéma du tercer mundo. En mêlant ses revendications politiques au septième art, sa grande carrière a apporté un nouveau regard sur l’Argentine. Il a donné une voix, « une dignité au peuple ».

Culture et nouveaux horizons en ces temps difficiles

À la vue de cette triste actualité, on ne peut qu’être heureux que CinéLatino revienne à Toulouse. Pour sa 33ème édition, le festival se déroulera en ligne et en salle à la Cinémathèque du 19 au 28 mars*. Plus de 150 films seront présentés et de nombreux artistes seront mis à l’honneur. Fernando Solanas bien sûr, mais aussi l’acteur Alfredo Castro (Chili) et les cinéastes Sarah Maldoror (Les Antilles), Enrique Colina (Cuba), Maria Augusto Ramos (Brésil), ou encore Paul Leduc (Mexique). Les débats avec le public et les cinéastes, les expositions, les concerts et les rencontres littéraires rythmeront les festivités.

Plusieurs genres, formats et thématiques seront explorés : courts et longs métrages, images réelles et animées, fictions, documentaires… et aussi comédies ! Car cette année, CinéLatino met l’humour à l’honneur. En cette année de crise, rien de mieux pour prendre du recul et traiter des faits parfois bien sombres. Dans le cadre des ambitions pédagogiques et éducatives du festival, plusieurs œuvres « jeune public » seront aussi proposées. Le but est que les enfants puissent y découvrir un cinéma diversifié et les inviter à s’interroger sur le monde qui les entoure.

Ramón de Natalia Bernal (Colombie) – Image du site REDFECI

*Si la situation sanitaire ne le permet pas, toute la diffusion des films basculera en ligne. Les organisateurs espèrent pouvoir continuer les festivités du 9 au 13 juin.

CinéLatino, un festival avant tout politique et militant

CinéLatino est né d’un triste constat : en France, le cinéma latino-américain manque cruellement de visibilité. Pour pallier à cela, un collectif latino-américains de solidarité avec l’Amérique latine organise depuis 1989 les Rencontres Cinémas d’Amérique Latine de Toulouse.

Le choix de la ville rose n’est pas anodin. Son Histoire et ses liens avec l’Espagne en font une ville propice à la culture hispanophone, hispanique et latinoaméricaine. La preuve est à la Cinémathèque même, au 69 rue du Taur. Ce bâtiment était auparavant le lieu d’accueil du PSOE, le Parti Socialiste ouvrier espagnol!

L’Association des Rencontres Cinémas d’Amérique Latine de Toulouse (ARCALT) a été créée pour mieux distribuer ce cinéma et servir de contre-pouvoir face au circuit de distribution commercial français. Il s’agit aussi de rassembler les cinéastes latino-américains et de créer un espace d’échange et de solidarité, propice aux débats, à la diffusion d’idées, et à la création de nouveaux films.

Ce qu’on retient des programmations de CinéLatino

CinéLatino vise à faire connaître des cinéastes militants, qui témoignent, racontent, dénoncent, et interrogent. Les sujets traités ne manquent pas de profondeur et de complexité. Ils parlent d’enjeux propres à cette région du monde, tels que l’extractivisme, les peuples originaires, ou les sociétés fracturées par les inégalités et ébranlées par des conflits sociaux.

Ces pays sont bien différents, mais intimement liés. Nombre d’entre eux ont par exemple subi des régimes autoritaires du 20ème siècle. A Cuba et au Pérou, Retour à Ithaque et La ville et les chiens reprennent par exemple les récits des célèbres Leonardo Padura et Mario Vargas Llosa. La dictature chilienne de l’ère Pinochet ne fait évidemment pas exception. Présentée sous forme de documentaire (Chicago Boys) ou de fiction (No), ces films rendent hommage à ceux qui ont lutté pour leur liberté.

La thématique des luttes et résistances se retrouve fréquemment dans la programmation du festival. Plus récemment, Femmes d’Argentine raconte le combat de celles qui se sont battues pour obtenir le droit d’avorter. Légalisé le 30 décembre dernier, ce film est un témoignage unique d’années de combat et d’espoir.

L’actualité politique et cinématographique de chaque pays est donc suivie de près par CinéLatino. Suite à la mort suspecte du militant argentin Santiago Maldonado, le documentaire Le chemin de Santiago a lui aussi très vite trouvé sa place dans la programmation du festival. Et la liste est encore longue. On a donc hâte de connaitre la programmation de cette année: elle sera rendue publique en mars!

En attendant…notre petite sélection des films latino-américains à voir et à revoir

. Les documentaires de Patricio Guzmán: Un réalisateur incontournable qui fait un grand travail de mémoire sur les crimes commis au Chili sous le régime de Pinochet.

. La dignité du peuple de Fernando Solanas: Les témoignages des habitants défavorisés de la province de Buenos Aires racontent les conséquences de la crise argentine de 2001. Victimes des actions du président Carlos Menem, la résistance s’organise.

. Troupe d’élite de José Padilha: Cette fiction brésilienne parle de la violence d’Etat, des policiers corrompus et de l’exclusion sociale des habitants des favelas de Río. Si ces problématiques vous intéressent, vous pouvez aussi découvrir l’étrange Bacurau de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles, qui se concentre sur les problématiques du Nord-Est du Brésil, la région la plus pauvre du pays.

. Même la pluie de Icíar Bollaín: Un super film qui fait un parallèle entre la conquête des colons espagnols et le rapport qu’entretiennent les occidentaux avec l’Amérique latine.

Des cinéastes espagnols tournent en Bolivie un film sur les conquistadors. Dans leur hôtel, les acteurs révisent la scène du débarquement de Christophe Colon.

CinéLatino 2021 – Infos pratiques:

Du 19 au 28 mars 2021 à la Cinémathèque de Toulouse, 69 rue du Taur, 31000 Toulouse

Tarifs:

  • Billets entre 5,50 € et 7,50 €
  • Carnet de 5 séances: 27,50 €
  • Carnet de 15 séances: 60 €

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